Comment trouver un terrain agricole pour créer sa microferme ?

Trouver un terrain agricole est souvent l’un des premiers gros blocages lorsqu’on veut créer une microferme.

On imagine son projet, les cultures, la serre, éventuellement quelques arbres fruitiers ou d’autres productions… puis arrive une question très concrète : où installer tout ça ?

Et là, les choses se compliquent.

Il y a relativement peu d’annonces, les terrains disponibles ne correspondent pas toujours au projet, certains n’ont pas d’accès à l’eau, sont trop éloignés des débouchés ou demandent des investissements importants.

Je connais bien cette situation puisque j’ai moi-même cherché du foncier pendant plusieurs années.

Mais avec le recul, j’ai compris quelque chose : mon problème n’était pas uniquement de trouver un terrain.

Il fallait aussi que mon projet devienne suffisamment clair et concret pour que les bonnes opportunités puissent apparaître.

Avant de chercher un terrain, définissez ce que vous cherchez vraiment

Un terrain agricole n’est pas adapté ou inadapté dans l’absolu. Il l’est par rapport à un projet.

Une ferme maraîchère, un atelier de micropousses, un verger ou une microferme très diversifiée n’auront pas du tout les mêmes besoins.

Avant de consulter toutes les annonces disponibles, il faut donc commencer par préciser quelques éléments : la surface réellement nécessaire, les besoins en eau et en bâtiments, la distance acceptable avec vos clients ou encore votre volonté de vous installer durablement ou simplement de tester votre activité.

Cette réflexion m’aurait fait gagner beaucoup de temps.

Au départ, je cherchais plusieurs hectares avec l’idée de développer notamment un verger. Après mes premières expériences agricoles, j’ai progressivement compris que je préférais les petites surfaces intensives, les investissements limités et les systèmes beaucoup plus simples à piloter.

Le terrain que je cherchais au début n’était finalement plus celui dont j’avais besoin quelques années plus tard.

Acheter un terrain agricole n’est pas forcément la première étape

Lorsqu’on imagine son installation, on pense facilement qu’il faut d’abord acheter une propriété agricole avant de pouvoir réellement commencer.

Ce n’est pas toujours la meilleure stratégie.

Acheter permet évidemment de construire sur le long terme, de planter des arbres et d’aménager son outil de travail. Mais cela représente également un engagement financier important alors que le modèle économique n’est parfois pas encore validé.

Pour beaucoup de projets, louer ou tester temporairement une petite surface peut être beaucoup plus intéressant.

C’est d’ailleurs comme cela que j’ai réellement commencé.

Après plusieurs recherches, j’ai intégré une ancienne pépinière accueillant différents porteurs de projets. J’ai pu utiliser une partie d’une serre existante pour environ 50 € par mois et y lancer progressivement ma production de micropousses.

L’investissement était faible et je pouvais surtout apprendre sans avoir immédiatement la pression d’un crédit ou d’une grosse installation.

Ces premières années m’ont permis de vendre, d’obtenir mes premiers chiffres et surtout de mieux comprendre le type d’activité agricole que je voulais réellement construire.

Pour en savoir plus sur le parcours de John Pousse, l'histoire complète est ici : L'histoire de John Pousse.

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Où chercher du foncier agricole ?

Une fois votre projet suffisamment défini, plusieurs réseaux peuvent vous aider.

Le Point Accueil Installation de la Chambre d’agriculture constitue un bon point de départ pour comprendre le parcours d’installation et être orienté vers les acteurs de votre territoire. Il existe également le Répertoire Départ Installation, qui facilite la mise en relation entre cédants et candidats à la reprise.

La SAFER est évidemment un autre acteur important pour suivre les propriétés agricoles et certaines opportunités foncières.

Vous pouvez aussi consulter Objectif Terres, la plateforme de Terre de Liens, ainsi que d’autres réseaux spécialisés dans la transmission ou l’installation agricole.

Mais il ne faut pas s’arrêter aux plateformes.

Notaires, agences rurales, collectivités, agriculteurs locaux et propriétaires privés peuvent également devenir des sources d’opportunités.

Le problème des annonces publiques, c’est que lorsqu’un bon terrain arrive dessus, beaucoup de personnes ont parfois déjà entendu parler de sa disponibilité.

Et c’est là que le réseau local devient particulièrement important.

Le bouche-à-oreille est probablement sous-estimé

C’est une chose que j’ai comprise assez tard.

Quand je cherchais activement du terrain, je passais beaucoup de temps sur les annonces et auprès des organismes spécialisés. En revanche, je ne parlais pas suffisamment de mon projet autour de moi.

Puis je me suis implanté sur un territoire.

J’ai construit ma maison sur une petite parcelle, installé une serre, continué ma production et commencé à tester d’autres cultures. Ce n’était pas encore le terrain agricole dont j’avais rêvé au départ, mais mon projet devenait visible.

Les voisins voyaient ce que je faisais.

Ils comprenaient que ce n’était plus seulement une idée.

Et c’est finalement par ce réseau local que deux opportunités sont arrivées.

D’abord une parcelle d’environ 1 650 m² juste à côté de chez moi. Puis, environ un an plus tard, un terrain d’environ un hectare accessible à pied.

Dans les deux cas, l’information est arrivée par des voisines. Pas par une plateforme spécialisée.

Parfois, le projet doit commencer avant le terrain

C’est probablement la principale leçon que je retiens de ces années de recherche.

On pense souvent :

« Dès que j’aurai trouvé mon terrain, je pourrai commencer mon projet. »

Mais dans certains cas, il faut inverser la logique.

Commencer à apprendre.

Faire des stages.

Tester une production sur une petite surface.

Rencontrer des agriculteurs.

Faire quelques ventes.

S’intégrer progressivement dans un territoire.

Toutes ces actions permettent d’affiner votre projet, mais elles construisent aussi votre crédibilité.

Vous n’êtes plus simplement quelqu’un qui explique qu’il aimerait créer une ferme un jour. Vous devenez quelqu’un qui est déjà en train de construire une activité.

Et cette différence peut compter énormément lorsque quelqu’un apprend qu’une parcelle va se libérer.

Les erreurs à éviter dans sa recherche de terrain agricole

La première serait de chercher immédiatement la ferme parfaite.

Plus le cahier des charges est ambitieux, plus la recherche risque d’être longue. Il peut parfois être beaucoup plus intéressant de commencer avec un terrain imparfait mais suffisant pour valider son activité.

La deuxième erreur est de rester trop vague. Dire que l’on souhaite « créer une microferme en permaculture » permet difficilement à un propriétaire, un agriculteur ou une institution de savoir ce dont vous avez réellement besoin.

Enfin, ne considérez pas automatiquement chaque opportunité comme une bonne opportunité. J’ai moi-même travaillé pendant plusieurs années sur un terrain communal avant que le projet ne s’arrête. Les objectifs d’une collectivité, d’un propriétaire et d’un producteur ne sont pas forcément identiques.

Un terrain n’est donc pas intéressant uniquement parce qu’il est disponible. Les conditions d’utilisation, la durée et les intérêts de chacun comptent tout autant.

Et si vous commenciez sans terrain agricole classique ?

Selon votre production, c’est parfois possible.

C’est notamment l’un des avantages des micropousses.

Elles permettent de commencer sur quelques mètres carrés, dans une petite serre ou même dans un espace intérieur adapté. Vous pouvez ainsi apprendre à produire, trouver vos premiers clients et valider progressivement votre modèle économique avant de chercher une installation beaucoup plus importante.

C’est exactement la logique que j’ai utilisée au début de mon parcours.

Elle ne remplace évidemment pas un terrain si votre objectif est de développer du maraîchage, de l’arboriculture ou d’autres cultures nécessitant davantage de surface.

Mais elle permet de ne pas rester bloqué pendant plusieurs années en attendant que toutes les conditions soient réunies.

J’explique beaucoup plus précisément mon parcours, les différents réseaux à contacter et les solutions que j’ai testées dans ma vidéo :

→ Voir la vidéo : “Comment j’ai trouvé mon terrain agricole (et comment vous pouvez faire pareil)”

Et si les micropousses vous intéressent comme moyen de commencer une activité agricole sur une très petite surface, j’organise également une conférence en ligne gratuite sur la création d’une production professionnelle de micropousses.

J’y explique comment démarrer progressivement, limiter l’investissement et construire une activité viable sans avoir besoin de plusieurs hectares dès le départ.

→ S’inscrire gratuitement à la conférence sur la production professionnelle de micropousses

Vous souhaitez aller plus loin et créer une activité de micropousses viable et épanouissante ?

J'aide les particuliers à créer facilement et rapidement leur entreprise de micropousses et les agriculteurs à se diversifier avec un atelier de micro pousses rentable.